GASTRONOMIE

Excursion culinaire au bistro Kapzak lors du Mixogastronomix

PAR:
Philip Bastarache

Je m’étais imposé un jeûne de 12 heures précédent le Mixogastronomix afin de me sentir physiquement et psychologiquement prêt pour l’événement. Je n’avais donc, au creux de mon estomac, qu’un petit fond de Frosted Flakes ramollies dans le lait que j’avais ingurgité le matin. Alors, mes excuses à mon entourage pour avoir dû subir mon mauvais caractère de gars affamé, mais il faut ce qu’il faut quand on veut se sentir prêt pour l’événement organisé par un de ses chefs favoris à Sherbrooke.

Pour les ermites qui ne connaissent pas le Mixogastronomix – dont c’était la 4e édition – le concept est on ne peut plus simple, mais combien efficace. Comme mentionné sur la page facebook de l’événement : «le chef [Jason Kapcrzak] travaille conjointement avec le bartender [Nicolas Villalon] pour créer un menu agençant les cocktails et les plats, tout en mettant en valeur un spiritueux [le rhum de Brugal]. 4 services avec 4 cocktails avec plusieurs surprises durant la soirée».

20h30

On commence l’odyssée gustative avec une demi-heure de décalage (merci aux traditionnels retardataires). Le personnel est manifestement de très bonne humeur, le resto est bondé de gens de tous âges, le chef fait aller-retour entre la cuisine et la salle à manger; on peut s’imaginer qu’il est passablement nerveux! J’ai la chance d’occuper la table contiguë à celle du barman et ce dernier s’exécute tel un «Maitre-Jedi-du-cocktail» à nous préparer un premier punch (qui s’avéra délicieux).

Tous les cocktails sont faits à base d’un rhum de Brugal – une des excellentes marques sur le marché me dit-on. Ces derniers sont effectivement dotés d’une douceur qui laisse apprécier toute leur subtilité. Ce sont des produits fins du Costa Rica dont les recettes sont léguées de génération en génération depuis 1888. Mais je vous le dis tout de suite, il faut aimer un minimum le rhum, sinon vous allez faire comme ma blonde et refiler à votre compagnon toutes vos consommations après avoir trempé les lèvres dedans. Cela étant dit, tout au long de la soirée, j’ai eu droit à des drinks savoureux, parfaitement bien équilibrés, dont la variété pouvait aussi bien contenter le large public que les amateurs pur et dur d’un bon rhum bien sec.

20h45

Premier service : Râble de lapin farci aux champignons avec une salade d’asperges. Délicieux! Je me retrouve par ailleurs face à une première curiosité culinaire : incursion dans un monde méconnu pour moi avec un «mojito pop moléculaire». Il s’agit d’une sorte de poche gélatineuse avec un liquide alcoolisé à l’intérieur dont l’explosion en bouche aurait supposément suscité une étonnante surprise gustative si je n’avais pas fait la gaffe d’éventrer la chose avec mon couteau! Note a moi-même : attendre les consignes du chef avant d’essayer un plat de cuisine moléculaire. Les gens qui l’ont fait autour de moi semblent avoir bien apprécié le résultat.

21h05

Après un délicieux Daiquiri style Ernest Hemingway, on nous sert une morue rôtie au sirop d’érable, marinée dans une sauce soya, ail, gingembre, rhum et servie sur une endive grillée à l’orange. Un classique de Jason dont j’étais impatient de me mettre en bouche. Une agréable expérience et je dirais même assez surprenante considérant que j’ai tout simplement adoré l’endive, cette plante banale dont je n’apprécie habituellement pas trop l’amertume légendaire.

21h20

L’arrivée du trou normand remplit bien son rôle puisqu’il me met davantage en appétit. Il s’agit d’une délicieuse compote de fruits sauvages – qu’on pourrait qualifier d’hybride avec une salade de fruits avec tous les délicieux gros morceaux de fruits – flambée au rhum. Le côté sec du spiritueux avec le sucre naturel des petits fruits est une pure merveille. J’aurais léché la coupe si ma mère de m’avait pas montré les bonnes manières.

21h45

Après le corsé Spanish Harlem, on nous apporte le plat de résistance (c’est d’ailleurs mon favori de la soirée) : Jarret d’agneau braisé servi sur une salade tiède de lentilles, garni avec une salade de chou fumée. J’aurais facilement pu prendre trois assiettes de ce plat tant la viande braisée était tendre et délicieuse. Quant à ma blonde, elle est littéralement tombée dans les lentilles. La salade de choux était crémeuse et accompagnait bien le plat, lui donnant une petite touche de fraîcheur.

22h05
Le sprint final. Un délicieux Maï Taï s’harmonisant parfaitement avec le gâteau glacé à la lime avec un coulis à l’orange, rhum et saupoudré d’amandes grillées. Pour quelqu’un comme moi qui ne jure par les desserts au chocolat, cette conclusion fut une surprise étonnante compromettant du même coup toutes mes croyances concernant mes goûts pour les desserts. Et comme le disait la madame un peu bourgeoise située a une table un plus loin et qui roulait ses «r» «mmm! C’est vrrraiment bon pis c’est pas trop sucrrré à part de ça.»

En conclusion, le Mixogastronomix, une expérience culinaire vraiment enrichissante. Un événement unique digne du centro!

Pour ne rien manquer des prochains événements culinaires offerts par le chef Jason Kapcrzak, visitez le www.bistrokapzak.ca